• L'autoportrait en creux ou la possibilité d'identification à l'oeuvre

    La sensation d’autonomie du personnage nous rapproche de l'oeuvre. Comme si, par ce glissement, nous pouvions nous aussi changer de place et rejoindre la fiction, la peinture. Nous restons dans un environnement familier, balisé par les contours de l’oeuvre, mais quelque chose s’en échappe ; et ce quelque chose nous invite à nous échapper avec lui. En référence à l’inquiétante étrangeté décrite par Freud, nous nous trouvons confronté à « (...) l’incertitude intellectuelle. À proprement parler, l’étrangement inquiétant serait toujours quelque chose dans quoi, pour ainsi dire, on se trouve tout désorienté. » L’autoportrait en creux provoque l’inquiétante étrangeté, en ce sens qu'il s’agit d’un motif qui se repète à l’infini. Il offre de multiples portes d’entrée dans l’oeuvre, imbriquées les unes dans les autres. Entrer dans l’oeuvre par l’identification, c’est y plonger totalement comme aspiré par un trou noir, puis s’y perdre dans l’épaisseur d’une galaxie.
  • Que donne à voir l'autoportrait ?

    Je crée un double artistique, Suspensio Regina, qui devient oeuvre. Sur la base d’une autofiction, je produis des oeuvres performatives, vidéo, des installations qui interrogent la forme de l’autoportrait. Obsedée par la construction de ce personnage iconique, je réalise des installations, performances vidéo, je produis des oeuvres visuelles dans lesquelles s’entrechoquent la réalité et la fiction.