• Pour une valorisation de l'amateurisme en art

    L’amateurisme semble revêtir un caractère vertueux pour l’artiste créateur en ce sens qu’il se situe au croisement entre désintéressement et amour fou. L’amateur, dans son opposition au professionnel, oeuvre bénévolement. Il ne peut y avoir d’engagement bénévole sans un fort attachement à la pratique ou à la cause servie. L’amateur est également celui qui aime, qui apprécie cette spécificité à laquelle il s’adonne. Aujourd’hui le problème se pose tel quel dans le champs de l’art contemporain. Il s’agit d’être un professionnel légitime pour présenter son travail dans les lieux consacrés. Nous retrouvons souvent, dans le travail représenté par les galeries et les institutions, une mise à distance du réel et des enjeux sociaux. L’oeuvre d’art permet d’évoquer des sujets de société tout en laissant les enjeux sociaux aux portes de l’espace de monstration. Lorque, dans les années 70, Joseph Beuys conceptualise et met en oeuvre La sculpture sociale, il tente de redéfinir l’oeuvre d’art par rapport à l’humain producteur de sens, de politique et d’histoire. Beuys pensait que tout le monde était artiste : «chaque versant de l’activité humaine, même éplucher une pomme de terre, peut être une oeuvre d’art, du moment que c’est un acte conscient». L’idée étant que chaque décision qu’on prend doit être pensée et tentée afin de faire ou de contribuer à une oeuvre d’art qui, finalement, est la société. Ce point de vue invite ses adeptes à devenir plus humbles en réalisant qu’ils sont une part importante d’un tout et pas seulement des individus.
  • L'autoportrait en creux ou la possibilité d'identification à l'oeuvre

    La sensation d’autonomie du personnage nous rapproche de l'oeuvre. Comme si, par ce glissement, nous pouvions nous aussi changer de place et rejoindre la fiction, la peinture. Nous restons dans un environnement familier, balisé par les contours de l’oeuvre, mais quelque chose s’en échappe ; et ce quelque chose nous invite à nous échapper avec lui. En référence à l’inquiétante étrangeté décrite par Freud, nous nous trouvons confronté à « (...) l’incertitude intellectuelle. À proprement parler, l’étrangement inquiétant serait toujours quelque chose dans quoi, pour ainsi dire, on se trouve tout désorienté. » L’autoportrait en creux provoque l’inquiétante étrangeté, en ce sens qu'il s’agit d’un motif qui se repète à l’infini. Il offre de multiples portes d’entrée dans l’oeuvre, imbriquées les unes dans les autres. Entrer dans l’oeuvre par l’identification, c’est y plonger totalement comme aspiré par un trou noir, puis s’y perdre dans l’épaisseur d’une galaxie.
  • Que donne à voir l'autofiction ?

    Je crée un double artistique, Suspensio Regina, qui devient oeuvre. Sur la base d’une autofiction, je produis des oeuvres performatives, vidéo, des installations qui interrogent la forme de l’autoportrait. Obsedée par la construction de ce personnage iconique, je réalise des installations, performances vidéo, je produis des oeuvres visuelles dans lesquelles s’entrechoquent la réalité et la fiction.